de Raoul Marc Jennar le 4/01/07
Je suis de ceux qui pensent qu’il faut rassembler dans un nouvel espace politique les milliers de militants du 29 mai non encartés ainsi que celles et ceux qui privilégient l’unité autour de valeurs et de projets et qui ont courageusement exprimé leur désaccord avec la logique d’appareil du parti qui est le leur (PCF, LCR, Verts, etc...) qui a fait passer la survie de celui-ci avant la promotion des projets communs.
Je suis de ceux qui pensent que ce nouvel espace politique doit être la priorité, mais qu’il faut le concevoir après mûres réflexions, afin de tenir compte des expériences passées, de la crise des partis politiques et de leur rôle dans la crise de la démocratie, afin de réfléchir aux tentatives de faire de la politique autrement qui ont échoué (ex : les Verts), afin d’inventer de nouvelles formes de la vie publique en prise avec les gens, qui ne confisquent pas la volonté des gens au profit d’appareils .

Nous devons intégrer dans notre réflexion les explications du succès international du mouvement altermondialiste (qui ne se réduit pas à Attac, enfin sortie de crise) et de la campagne contre le TCE : le travail en réseaux plutôt que l’organisation hiérarchique pyramidale traditionnelle. Nous devons imaginer une manière nouvelle d’agir dans l’espace public
-  qui soit démocratique, mais capable néanmoins de faire des choix,

-  qui crée des liens de respect et de fraternité entre ses membres

-  qui pratique en son sein les valeurs dont il se dit porteur

-  qui apporte une réponse aux problèmes que posent à une véritable démocratie les limites de la délégation,

-  qui ne soit pas une fin en soi, mais un outil pour la transformation,

-  qui évite les pièges de la "carrière politique",

-  qui soit au plus proche des gens,

-  qui rassemble sans se diluer,

-  qui soit en capacité de surmonter les pièges de la personnalisation et de la médiatisation
Et nous devons réfléchir et débattre sur la question de savoir dans quelle mesure ce projet primordial peut être renforcé ou affaibli par notre éventuelle participation, malgré tout, aux présidentielles et par une participation d’un certain nombre de nos représentants (précision que j’estime importante d’apporter tant la suspicion est devenue la règle : je m’exclus d’emblée) aux législatives. J’évoque cela puisque j’observe une demande très forte de tout tenter pour avoir "notre" candidature aux présidentielles et pour que nous soyons présents aux législatives.
Je souligne qu’il faut peser les avantages et les inconvénients de cette participation dans le contexte issu de l’échec de la démarche unitaire. Si on veut éviter de "faire un coup" en 2007 dont l’échec compromettrait durablement l’avenir. Ce devrait être le coeur du débat de la réunion des 20/21 janvier. Cela demande de la réflexion et du débat. Dans la sérénité et le respect mutuel. Mais je ne suis pas certain qu’il en sera ainsi.
Jean Jaurès : "L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’indicible espoir." Faute d’écouter les leçons de l’histoire, nous risquons de la répéter. On ne fait pas du neuf avec du vieux. On ne fait pas de la politique autrement avec des pratiques éculées