De Clémentine Autain sur son blog
Depuis ce week-end, une pétition circule en faveur d’une candidature José Bové à la présidentielle. Avec un certain succès puisque plus de 7.000 signatures ont d’ores et déjà été récoltées. Nombre d’entre vous m’ont demandé ce que j’en pensais…
J’entends bien sûr les objections formulées aujourd’hui contre la candidature de Bové. Il y a fort à parier que cette nouvelle dynamique pétitionnaire n’arrivera pas à convaincre la LCR et le PCF de revenir sur leur décision regrettable de partir sous leur propre bannière en 2007. Du coup, si à l’arrivée, trois candidatures se réclament de l’antilibéralisme, aurons-nous considérablement avancé ? N’y aurait-il pas alors, de fait, une accentuation de la dispersion dont nous savons depuis le départ qu’elle est mortifère pour notre ambition politique ? Séparés, nous ne serons pas en mesure d’ouvrir une nouvelle voie à gauche, nous ne casserons pas la logique infernale du bipartisme. Tel a été d’ailleurs le fondement de la constitution des collectifs.
Pour autant, je lis ce mouvement pétitionnaire comme l’expression ultime de l’aspiration profonde au rassemblement des forces anti-libérales. Le départ de la LCR puis la candidature du PCF n’ont pas mis un point final à la dynamique dégagée par les collectifs. Rien de si étonnant car cette dynamique vient de loin et avait pris une ampleur particulièrement prometteuse à l’automne dernier. Les militantes et militants déçus par la tournure des événements n’ont pas envie de regarder passer les trains en 2007, en comptant les points entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Les plus unitaires d’entre nous se sentent orphelins de candidats. C’est comme si nous étions privés de campagne et nous ne pouvons nous y résoudre.
Je suis sensible aux deux points de vue : d’un côté la volonté de ne pas baisser les bras, de l’autre la crainte d’une division plus grande encore. Si j’étais convaincue que cette initiative pouvait permettre de revenir à la case départ, de retrouver le fil de l’unité complète de notre mouvement, je signerais la pétition. Mais j’ai des doutes, qu’elle que soit l’estime que je porte à José et à celles et ceux qui signent en sa faveur. J’adorerais avoir tort mais, pour l’instant, je vois se profiler un scénario Besancenot, Bové, Buffet. Je les rêvais ensemble et pas concurrents.
J’ai décidé pour ma part de rester fidèle à la ligne de conduite que je me suis fixée depuis le début : la quête du rassemblement le plus large possible. Jusqu’au bout, je considérerai qu’il vaut la peine de tout faire pour ne pas couper les ponts entre les uns et les autres, pour retrouver la dynamique de notre agrégation et pas de notre désagrégation. Je ne désespère pas que cela advienne dès 2007 mais s’il fallait attendre un peu plus longtemps, j’attendrais. Activement !
Clémentine Autain
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