DERNIERE MINUTE : contrairement à ce que laisse entendre LE MONDE dans son édition de ce soir, Clémentine Autain a donné sa promesse de parrainage à José Bové. Ci-dessous sa déclaration. A la suite vous trouverez la déclaration de Catherine Gégout Conseillère de Paris (PCF), qui a décidé de donner son parrainage à José Bové.

Demain vous recevrez le bulletin d’information numéro 3

Des parrainages pour tous !

Clémentine Autain

le 4 mars 2007

Plusieurs candidats de la gauche anti-libérale pourraient être exclus de la présidentielle, faute d’avoir atteint le seuil fatidique des 500 parrainages d’élu-e-s. Même si je souhaitais avec vigueur une seule candidature - ce qui aurait au passage réglé le problème des signatures -, il me paraît anti-démocratique et dangereux pour la gauche que José Bové et Olivier Besancenot ne puissent pas concourir. La présence des différentes sensibilités de notre espace politique permettrait de faire, au total, le score le plus élevé possible pour les antilibéraux (ce qui est important pour faire entendre notre voix et pour la suite car on ne reconstruira pas sur un champ de ruines) et de contribuer à accroître le pourcentage global de l’électorat de gauche, qui avoisine aujourd’hui les 40% (c’est grave…). Marie-George Buffet ne peut à elle seule rassembler l’ensemble des électeurs de la gauche d’alternative.

Je sais que la quête des parrainages est particulièrement difficile pour José Bové, parce qu’il est parti en campagne plus tard que les autres (il a espéré jusqu’au bout le rassemblement) et parce qu’il ne bénéficie de l’appui d’aucune organisation suffisamment implantée. Je trouve particulièrement injuste qu’il soit face à cette difficulté car j’estime que sa candidature a une réelle légitimité. C’est la raison pour laquelle, comme vous le savez, je lui avais adressé une promesse de parrainnage. Olivier Besancenot n’a pas non plus atteint le chiffre des 500 et la LCR est très inquiète de ne pas y parvenir, même si elle annonce aujourd’hui avoir plus de 450 signatures (mais les 50 dernières sont souvent les plus dures à obtenir !). Le temps presse. Est-il juste et démocratique que ces deux candidats soient absents ? Non. Parrainage de candidature ne vaut pas soutien de candidat. C’est pourquoi j’invite tous les élu-e-s de gauche, non encartés ou dont le parti a suffisamment de parrainnages (PS et PCF notamment mais aussi PRG et MRC), à aider José et Olivier à pouvoir être candidats. Faites circuler le message, ça urge !!!!!!!


Je vote Marie-George, je parraine José

Catherine Gégout

Conseillère de Paris (PCF)

4 mars 2007

L’élection présidentielle approche. Dans quelques jours nous connaîtrons les candidats en présence, puisque ceux qui n’auront pas réuni les 500 parrainages d’élus seront éliminés par cette mesure administrative.

C’est la loi. Je la conteste. Elle est inique, conservatrice, puisqu’elle a été bâtie pour que rien ne change, pour laisser le pouvoir à ceux qui l’ont déjà, aux formations politiques installées. Mon parti, le PCF, la conteste aussi.

Lorsqu’une loi est inique, quel qu’en soit l’objet, les communistes se battent pour la changer mais aussi pour en contrecarrer les effets, partout où cela est possible.

Aujourd’hui, nous le pouvons, puisque Marie-George Buffet dispose de beaucoup plus de parrainages que ce qui lui est nécessaire. Elle en dispose parce que l’histoire du Parti communiste et son poids dans la société française font qu’il a de nombreux élus. Rien n’oblige le PCF à agir pour que ses élus parrainent d’autres candidats. Mais la question vaut d’être posée. Et elle se pose pour moi, élue communiste, qui dois prendre une responsabilité personnelle. Je peux le faire puisque mon parti, a contrario du Parti Socialiste, n’empêche pas ses élus de faire leur choix.

C’est une question démocratique: tout faire pour que les électeurs puissent librement attribuer leurs suffrages, y compris à des candidats qui n’ont pas une surface politique suffisante pour obtenir ces parrainages.

C’est aussi une question politique qui concerne la gauche antilibérale. L’histoire récente n’a pas permis qu’une candidature unique antilibérale se dégage pour cette élection. Je fais partie de ceux qui pensent que le Parti communiste porte une responsabilité dans cet échec, qu’il n’a pas été à la hauteur de l’enjeu, et s’est laissé dominer par une logique d’appareil. Besancenot de son coté avait fait bande à part le premier. Et si la candidature Bové a émergé, c’est face au vide laissé par cet échec, au désarroi de nombreux électeurs se reconnaissant dans l’antilibéralisme et qui avaient espéré qu’il se passait quelque chose de différent. Si cette candidature ne peut pas être maintenue, tous ces électeurs se trouveraient à nouveau plongés dans la frustration, l’éparpillement vers des candidatures diverses et même vers l’abstention. Ce ne serait pas non plus un atout pour faire barrage à Sarkozy au 2e tour.

L’important, c’est que se construise le rassemblement antilibéral qui n’en est qu’à ses balbutiements et dont je suis convaincue qu’il pèsera dans l’avenir de la vie politique française. Pour en créer les conditions et favoriser cette dynamique pour la suite il faut qu’aucune sensibilité du camp antilibéral ne soit perdante aujourd’hui.

L’absence de Bové ou de Besancenot dans cette élection n’aurait pour effet que de réduire le nombre de voix antilibérales exprimées et serait un frein pour la suite du rassemblement. Les 3B ne sont que peu concurrents, ils doivent créer les conditions d’être complémentaires. Marie George Buffet n’a aucun intérêt à se retrouver seule en lice. Elle n’en ramasserait que des miettes électorales et un recul politique.

Ne pas se résigner à la division, c’est inventer une autre façon de se comporter dans cette situation inédite.

Aussi je voterai Marie-George Buffet, malgré mes désaccords, parce que je participe des combats du Parti communiste, de son histoire et de sa lutte pour autre monde possible, centré sur l’homme et non sur le profit.

Et je donnerai mon parrainage à José Bové, pour que ceux et celles qui veulent voter pour lui puissent le faire et qu’ensemble nous nous retrouvions pour construire le rassemblement antilibéral de demain. Pourquoi José Bové plutôt qu’un autre? Parce que ceux et celles qui ont initié sa candidature étaient parmi les plus fervents défenseurs de la recherche d’une candidature unique antilibérale. Cela compte pour la suite.

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