Un texte  que j'adore d'Hervé Le Crosnier du collectif de Caen. Cath

Bonjour,

Bon, encaissé le coup, l'arbitre n'a même pas eu le temps de compter jusqu'à deux que nous revoilàHerv__Le_Crosnier
debout.

Nous sommes de celles et de ceux qui se relèvent toujours.

Parce que nous visons l'avenir collectif, parce que nous savons que nos rêves sont fait pour nourrir des futurs plus grand que ce que nos  bras peuvent serrer, nos échecs sont à relativiser.

Les idées avancent, le monde change tout le temps. L'art et la gloire de la politique, ce qui la distingue fondamentalement des formes théologiques, c'est de toujours s'adapter, faire le lien entre les rêves, les besoins, les projets et lesréalités telles qu'elles se présentent à chaque moment.

Entre la semaine passée et aujourd'hui, la réalité a changé.

Nous avons devant nous un candidat qui flirte avec les thèses de l'extrême droite, au point de réussir à lui piquer son électorat. Un candidat raciste, marchand de rafles. Un candidat qui fait de l'idéologie et de l'image du pouvoir, de la force qu'il aurait en tenant les rênes, le seul crédo de son programme. Comme si ce candidat n'était pas déjà le numéro deux du pouvoir actuel. Il le martèle dans sa feuillette électorale : "Je veux être le Président"... pour se venger de quoi, pour faire payer qui ? La violence, la guerre et la liquidation des parachutes sociaux (sécu, retraites, éducation publique, revenus sociaux pour les sans-emplois...) voilà
l'action qu'il nous promet. Mais son véritable projet, c'est de mettre le pays sous sa coupe : "Je veux être le Président...".

Nous avons devant nous une candidate qui épouse les modèles économiques du libéralisme, et qui fait remonter à la surface des notions idéologiques que l'on croyait dépassées... maisqui incarne aussi d'autres possibilités, d'autres avenirs :
- mettre une femme à l'Elysée (elle en joue trop, mais ce serait quand même super bien...)
- maintenir des limites humaines aux relations avec les plus démunies (sans-papiers, sans-logements,...). Même si on aimerait qu'elle s'engage plus sur des Droits, c'est quand même non-négligeable. Et les nombreux militants socialistes qui sont dans RESF et les parrainages sauront lui rappeler.
- mettre de la participation dans les rouages de la gestion politique. Même déformée, même différente de ce que nous révions, les formes de participation qu'elle a mis en place peuvent servir de levier pour imaginer des changements.
- mettre un changement institutionnel en route. Un changement qui permette aux diverses forces politiques et projets de vivre de convictions et d'auto-organisation pour peser sur  l'évolution du monde. La politique du 21ème siècle ne doit  plus être la seule "bataille du pouvoir", mais celle de l'ajustement permanent pour permettre l'expression des besoins sociaux, et y donner enfin Droit.

Sous Sarko, nous aurons des révoltes, des crises, de la répression et j'en prend le pari la guerre. Car tout dévoué à son maître George W, il sait qu'en faisant la guerre il assure sa ré-élection et sa marque dans l'histoire. Il trouvera le moyen de la faire. Si par malheur il est élu, je m'engage immédiatement à travailler pour constituer un réseau anti-guerre... ce sera  certainement le plus utile.

Sous la Présidence de S. Royal, nous aurons de la confusion des genres, l'absence de réels changements dans l'ordre social et économique qui fera poindre l'idée que la gauche ne sait pas faire mieux que la droite, avec les désillusions et les risques qui s'en suivent.

Mais enfin, cela vaut mieux. Ce sera à nous de redresser la barre. C'est notre boulot dans la société, de ne pas croire en des dirigeants, mais sans arrêt de replacer les raisons sociales, écologiques et humaines au centre du débat.

Cela, nous ne  l'attendons de personne, nous le faisons,nous continueront à le faire.

Mais se sera beaucoup plus dur sous Sarko, face au délire nationaliste qu'il va créer dans le pays, face aux provocations dont on sait qu'il est capable.

Parce que nous nous relevons toujours, notre boulot, c'est de faire enregistrer les besoins dans des Droits, puis de recommencer au combat d'à côté. Parce que nous n'attendons pas que les dirigeants fassent à notre place, nous n'avons pas besoin de croire pour agir. Simplement de peser ce qu'il y a à gagner et à perdre.

C'est encore possible d'arracher la France au délire national-libéral et à la folie des grandeurs de plus en plus
apparente de celui qui se rêve Napoléon.

C'est à nous de convaincre que ce danger là est trop grand.

Demain, nous continuerons les combats essentiels. La question pour les dix jours qui viennent est juste  de savoir si nous aurons plus ou moins d'oxygène pour le faire au lendemain du second tour.

Nous nous relevons toujours.

Hervé Le Crosnier

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