« Nous éprouvons le besoin d'un espace communiste qui ne serait pas déterminé par le rapport au Parti Communiste Français. Nous nous inscrivons dans la perspective d'un mouvement antilibéral qui est à la fois résolument pluraliste et à la recherche d'une convergence durable. Il nous semble pertinent de construire un espace communiste, à condition que sa conception soit d'emblée envisagée en articulation avec celle du mouvement dans son ensemble. C'est la condition d'une mise à jour du projet communiste lui-même, et nous pensons ainsi être utiles à la dynamique commune.
Nous nous réunissons aujourd'hui un mois après la désignation par les adhérents du PCF de Marie George Buffet comme candidate à l'élection présidentielle. Nous déplorons et désapprouvons ce choix. Après le repli identitaire de la Ligue, c'est une faute politique grave.
Nous persistons à penser qu'une candidature antilibérale unitaire issue d'un double consensus entre les collectifs et la diversité des forces du mouvement antilibéral est la seule perspective au niveau des enjeux et des attentes. Une telle candidature susciterait un espoir, un enthousiasme. Le succès de la pétition en faveur de José Bové en atteste aujourd'hui encore.
Nous voulons continuer de saisir toutes les occasions d'aboutir à une candidature unitaire portée de façon collective dans une campagne démocratique. A défaut d'une telle candidature, des positions différentes se sont exprimées. Certains feront la campagne de Marie-George Buffet, d'autres s'apprêtent à voter blanc, d'autres encore à soutenir la candidature de José Bové. Nous cherchons la façon de maintenir l'espoir antilibéral, l'alternative, de mettre en échec le bipartisme.
Nous serons présents à la réunion nationale des collectifs unitaires les 20 et 21 janvier.
Parmi nous des idées diverses se sont exprimées sur la manière de faire vivre nos engagements communistes. Certains doutent de l'utilité d'un espace communiste en tant que tel. D'autres souhaitent au contraire s'engager dans la constitution d'un tel espace.
Pour cela, nous proposons à tous ceux qui en France sont intéressés par cette démarche d'imaginer un espace autonome (peut-être une association) dont le nom reste à décider ensemble (communistes unitaires ? communistes en mouvement ? autres ?). Nous envisageons cette association comme un lieu d'élaboration, de mise en commun, d'initiatives ouvert à tous ceux qui se vivent comme communistes, indépendamment de leur appartenance politique. Un espace pour la réflexion et dans l'action. Nous voulons ainsi affronter le problème de la dispersion et de la démobilisation des communistes.
Nous suggérons que cette proposition soit débattue partout et qu'elle donne lieu à une rencontre nationale dans les semaines qui viennent pour préciser les objectifs et les modes de fonctionnement de cette association.
De telles réunions ont déjà lieu en France. Nous appelons à les multiplier. Nous voulons un mouvement de convergences de toutes les idées que ces réunions produiront. Nous voulons concilier le besoin de prendre le temps et celui du début d'un mise en synergie et en mouvement de tous les communistes unitaires.»